L'ingénierie de la connaissance : le prérequis numérique de l'ère IA

Ferréol Mayoly et Geoffroy Decroocq étaient invités sur le plateau de Focus Business x Le Figaro pour parler de transmission des savoirs, de choc démographique et d’intelligence artificielle. Regardez l’interview et découvrez leur vision. 

 

Dans la plupart des entreprises, on pilote le capital financier avec précision. On suit les brevets, les marques, les équipements. Mais il existe un autre actif, tout aussi réel, tout aussi stratégique, qu’on laisse trop souvent s’éroder en silence : la connaissance. 

C’est la conviction que Ferréol Mayoly et Geoffroy Decroocq ont défendue sur le plateau de Focus Business x Le Figaro. Une conviction forgée en 25 ans d’ingénierie de la connaissance au service des grandes organisations françaises. 

La connaissance : un actif comme les autres 

 

« La connaissance dans une entreprise, c’est un actif au même titre que les brevets, les marques et certaines machines. Et comme tout actif, elle peut s’apprécier ou se déprécier si on ne l’entretient pas. » 

C’est avec cette formule que Ferréol Mayoly résume la mission de TAKOMA : aider les entreprises à entretenir leur capital connaissance. Pas de manière abstraite, avec la même rigueur qu’un ingénieur applique à ses structures physiques. D’où le positionnement revendiqué : ingénieurs de la connaissance. 

Ce que ça signifie concrètement, c’est un travail en quatre temps : identifier les gisements de connaissances critiques, les structurer, concevoir des dispositifs de transmission, puis mesurer les résultats. 

 

La connaissance est dans les têtes, pas dans les PowerPoints 

 

Geoffroy Decroocq le formule simplement : « La connaissance n’est pas dans les PowerPoint. Elle est dans la tête des gens. » 

Et c’est précisément là que réside le défi. Quand on veut faire un transfert de connaissances, ça ne se décrète pas. On ne peut pas demander à un expert de tout écrire, ça ne fonctionnera pas. Pourquoi ? Parce qu’avec l’expérience, le savoir-faire devient automatisme. Il s’invisibilise. Il y a des choses que les experts savent faire qu’ils n’arrivent même plus à décrire. 

Le rôle de TAKOMA, c’est d’aller chercher cette connaissance tacite là où elle vit : sur le terrain, par l’observation, par des entretiens structurés, par l’écoute. « Notre rôle, c’est d’en être les traducteurs, pour rendre cette connaissance-là plus transmissible et utile possible. » 

Un exemple concret : l’industrie aéronautique 

 

C’est ce travail de terrain qui a permis à un grand industriel aéronautique français de traverser une vague de recrutements sans précédent. Le savoir permettant de lancer son nouveau programme résidait dans la tête de quelques experts seulement, exposant l’entreprise à un double risque : une montée en compétence trop lente des nouveaux arrivants, et la mise en péril du programme dès ses phases de démarrage. 

TAKOMA a capté et structuré ce savoir-faire spécifique pour construire un programme de formation ancré dans les réalités terrain. Résultat : les nouveaux ingénieurs ont monté en compétence rapidement, pas seulement de manière théorique, mais avec les bons réflexes industriels dès leur arrivée. Un facteur-clé de succès du programme. 

 

L’IA : miroir grossissant, pas solution miracle 

 

L’intelligence artificielle est au cœur des préoccupations de la plupart des organisations aujourd’hui. Et TAKOMA est en première ligne de ces questions. 

« On voit quasiment tout le temps des clients se demander : comment déployer l’IA dans mon entreprise ? Et bien souvent, la réponse est : pas facilement. » 

La raison est simple : l’IA amplifie ce qu’on lui soumet. Des savoirs bien ordonnés, documentés, maintenus, l’IA les démultiplie. Des connaissances dispersées, disparates, parfois contradictoires, l’IA ne fera qu’amplifier les fragilités. 

La question à se poser avant tout déploiement IA n’est donc pas technique. C’est : « Est-ce que votre capital connaissance est exploitable ? » 

TAKOMA se positionne comme le partenaire qui prépare ce socle. « On n’est pas en concurrence avec l’IA, on est ce qui va la rendre utile. » 

Souveraineté et réindustrialisation : un enjeu qui dépasse l’entreprise 

 

Au-delà des enjeux d’organisation, Geoffroy Decroocq souligne une dimension plus large : dans un contexte de réarmement et de réindustrialisation en Europe, anticiper les compétences de demain est devenu un enjeu de souveraineté nationale. 

La connaissance industrielle, les savoir-faire critiques, les expertises rares sont des actifs que les organisations ne peuvent plus se permettre de laisser s’évaporer. Pas seulement pour leur propre performance, mais pour leur capacité à rester souveraines dans leurs domaines d’activité. 

 

De la capitalisation à l’anticipation 

 

TAKOMA franchit une nouvelle étape avec l’acquisition de Model RH, basée à Toulouse. La logique est claire : TAKOMA recueille, transforme et transmet les connaissances actuelles de l’entreprise. Model RH apporte le pilotage prédictif des compétences, pour répondre à la question : quelles sont celles dont l’organisation aura besoin demain ? 

Ensemble, les deux entités permettent d’accompagner un client sur l’ensemble du spectre : préserver ce qu’il sait faire aujourd’hui, et identifier l’écart avec ce qu’il devra savoir faire demain, pour mettre en œuvre les plans de formation très en amont. 

 

Retrouvez l’interview complète de Ferréol Mayoly et Geoffroy Decroocq sur Focus Business / Le Figaro 
→ Voir l’interview

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